Retour

E-mobilité : accélérer la transition vers une logistique neutre en carbone

Depuis 2022, DACHSER expérimente concrètement la mobilité électrique appliquée à la logistique sur trois sites pilotes.

Depuis 2022, DACHSER expérimente concrètement la mobilité électrique appliquée à la logistique sur trois sites pilotes. Objectif : comprendre, tester et structurer les conditions d’un déploiement à grande échelle. Quels enseignements tirer de cette démarche pionnière ? Quelles perspectives pour l’avenir ?

Stefan Hohm, Chief Development Officer chez DACHSER, partage son éclairage.

Monsieur Hohm, avec « DACHSER Emission-free Delivery », DACHSER dispose depuis 2018 d’une solide expérience en matière de mobilité électrique. Quels étaient les objectifs du projet de recherche mené sur les sites dédiés à l’e-mobilité ?

L’objectif principal était d’analyser et de tester de nouveaux concepts de motorisation électrique appliqués au transport routier. Nous avons débuté avec une première génération de camions électriques de petite taille, destinés à la distribution urbaine. Puis, étape par étape, la gamme de véhicules s’est élargie : les capacités de batterie ont augmenté, les autonomies se sont améliorées et la fiabilité technologique a nettement progressé.

Parallèlement, le développement des infrastructures de recharge est devenu un enjeu central. Les besoins énergétiques des agences ont fortement augmenté, nécessitant des extensions de raccordement au réseau, l’installation de transformateurs supplémentaires et une planification complexe. Ces projets sont longs, encadrés par des contraintes réglementaires, des délais d’autorisation et des calendriers de livraison parfois étendus, impliquant de nombreux gestionnaires de réseau.

La gestion intelligente de la charge, l’intégration de systèmes de stockage par batterie ou encore le positionnement optimal des bornes de recharge sur les sites logistiques sont autant de sujets techniques, distincts et souvent très complexes. C’est précisément pour répondre à ces défis que les sites pilotes dédiés à la mobilité électrique ont joué un rôle clé.

Quels défis ou enseignements inattendus ont émergé depuis le lancement du projet ?

Avec du recul, un constat s’impose : la propulsion électrique par batterie s’est développée beaucoup plus rapidement que nous ne l’avions anticipé, y compris dans le transport longue distance. Alors que DACHSER envisageait initialement l’hydrogène comme une solution prioritaire pour ces usages, les performances actuelles des camions électriques – avec des autonomies pouvant atteindre jusqu’à 500 kilomètres – leur permettent désormais de couvrir une part significative des flux de distribution.

Cette évolution technologique rapide a profondément modifié les perspectives et ouvert de nouvelles possibilités concrètes pour une logistique routière décarbonée.

Qu’avez-vous appris concernant les infrastructures de recharge ?

Le projet a clairement montré que le développement des infrastructures électriques représente l’un des plus grands défis de la transition. Les délais d’approvisionnement pour les transformateurs sont souvent très longs, la coordination avec près de 800 gestionnaires de réseau en Allemagne est particulièrement exigeante, et la planification doit impérativement s’inscrire dans le long terme.

À cela s’ajoute la nécessité de mettre en place des dispositifs de secours fiables afin de garantir la continuité des opérations en cas de défaillance de la recharge. D’autres sujets, comme la facturation standardisée des recharges pour les sous-traitants ou l’intégration de solutions de stockage par batterie, se sont également révélés bien plus complexes qu’escompté au départ.

Comment ces enseignements se traduisent-ils aujourd’hui dans les opérations de DACHSER ?

L’enjeu est désormais de capitaliser sur l’expérience acquise sur ces trois sites pilotes et de la déployer progressivement à l’échelle du réseau. Notre ambition est de poursuivre la transition vers des motorisations non fossiles sur l’ensemble du transport routier, de manière économiquement viable et selon une feuille de route clairement définie.

Pour réussir ce passage à l’échelle, des conditions-cadres solides sont indispensables : des orientations politiques stables et favorables à l’investissement, un déploiement rapide et massif des infrastructures de recharge publiques sur les axes autoroutiers, des capacités de réseau suffisantes sur les sites logistiques, ainsi qu’une simplification notable des procédures d’autorisation.

C’est à ces conditions que la mobilité électrique pourra devenir un pilier durable de la logistique de demain.

Interview with: Stefan Hohm

Chief Development Officer chez DACHSER

DACHSER dans le monde
Contactez nous
Contact Charlyne Proteau