Marché du fret général en Europe : La résilience se construit au sein du réseau
Ces derniers mois, le marché du fret général a connu une évolution claire : baisse des volumes, pression croissante sur les prix et les coûts. En même temps, l’industrie et le commerce ont plus que jamais besoin de partenariats logistiques fiables. Le secteur européen du fret général atteint un tournant. La question n’est plus d’amortir les fluctuations à court terme, mais de bâtir une résilience durable.
« Baisse forte des volumes », « En attendant la reprise », « L’industrie et le commerce réclament des partenariats logistiques fiables » : les gros titres de la presse spécialisée en logistique sont sans appel : le marché européen du fret général est en pleine transformation.
Les réseaux de fret général sont largement tributaires des coûts fixes. Qu’il s’agisse des infrastructures de manutention, les systèmes informatiques, des équipes ou des installations, ces charges doivent être assumées, peu importe le niveau d’activité. La baisse des volumes n’entraîne donc pas automatiquement une baisse des coûts. Au contraire, elle accentue la pression relative à celle-ci. Depuis 2023, la baisse des volumes et la chute de la rentabilité ont conduit de nombreux prestataires logistiques à réduire leurs capacités. Or, une fois réduites, ces structures sont difficiles à reconstruire lorsque la demande repart à la hausse.
Dans ce contexte, la capacité devient un levier stratégique sur le marché du fret général. Parallèlement, une hausse progressive des prix apparaît inévitable à long terme. Seuls les investissements dans les infrastructures, la digitalisation et la durabilité permettront de maintenir la performance et la résilience des chaînes d’approvisionnement et des réseaux logistiques.
La volatilité sur le marché du fret général devient la nouvelle norme
Quelles implications pour le marché du fret général ? Les fluctuations des volumes d'expédition, les pics saisonniers et les changements rapides de la demande exigent plus que jamais des réseaux agiles et une grande réactivité. Aussi, la planification anticipée devient essentielle : une visibilité anticipée sur l'évolution des volumes permet d’ajuster les capacités de manière plus ciblée et éviter les blocages. Parallèlement, la structure de la demande change aussi. Aujourd’hui, les clients attendent des solutions logistiques intégrées de bout en bout pour le transport de marchandises générales en groupage. Le simple acheminement physique ne suffit plus. L’enjeu réside désormais dans la fluidité des chaînes d’approvisionnement, combinant transport, entreposage et services à valeur ajoutée.
Cette intégration prend particulièrement de l’importance dans un contexte international, par exemple pour les flux entre l’Asie et l’Europe. Ici, ce n’est plus seulement la performance individuelle, comme le transport d’un point A à un point B, qui fait la différence. C’est plutôt la qualité de l’ensemble du système, c’est-à-dire par la coordination fluide entre la logistique aérienne et maritime et la logistique terrestre, qui devient une condition indispensable à la compétitivité.
Les partenaires de service, piliers des réseaux de transport
Chez DACHSER, les partenaires de service constituent un facteur de réussite décisif au sein du plus grand réseau européen de transport de marchandises générales, notamment les transporteurs indépendants qui assurent une grande partie des opérations au sein du réseau terrestre.
En période de crise et de ralentissement économique, ce sont les petites et moyennes entreprises qui subissent une pression considérable. La hausse des prix du carburant, comme récemment à la suite des tensions militaires au Moyen-Orient, se répercute directement sur leurs coûts d’exploitation. Dans ce contexte, DACHSER soutient ses partenaires via des conditions de paiement équitable et rapide. Dans la plupart des cas, un mécanisme d’ajustement des coûts de carburant a été convenu avec eux, ce qui, sous réserve d’une clause contractuelle, permet de répercuter directement les hausses sur les clients.
L'efficacité logistique, clé de la compétitivité dans le fret général
L’analyse de la structure des coûts met en évidence les principaux leviers d’action : environ 85 % des coûts de la logistique du fret général proviennent des processus opérationnels clés. Le potentiel d’optimisation réside avant tout dans « l’industrialisation des opérations », visant à maximiser l’utilisation des capacités existantes, à standardiser les processus ainsi qu’à utiliser de manière ciblée les technologies.
Aujourd’hui, les solutions digitales, comme les systèmes de prévision basés sur l’IA et les technologies de manutention automatisée, permettent de planifier les flux de marchandises avec plus de précision et d’utiliser les ressources plus efficacement. Chez DACHSER, des outils comme PAnDa One fournissent ainsi des prévisions fiables sur les volumes d’envois et facilitent la planification opérationnelle, même dans des environnements très instables. Par ailleurs, au sein du terminal, @ILO, plusieurs fois primé, permet d’identifier, localiser, mesurer et enregistrer automatiquement les marchandises dans le système de gestion des transports dès leur arrivée, pendant leur transit et à leur départ. Plus besoin de scanner manuellement les codes-barres ni d’étiqueter les colis, ce qui permet de gagner du temps et d’améliorer l’efficacité des opérations de transbordement.
Le développement durable transforme le modèle économique
Une gestion efficace des chaînes d'approvisionnement au sein des réseaux intégrés de transport de marchandises diverses doit intégrer des exigences croissantes en matière de protection du climat et de développement durable. Ce cadre est défini par les objectifs climatiques internationaux et la réglementation associée, mais aussi par les attentes et les engagements des clients et des prestataires logistiques eux-mêmes. Concrètement, cela implique de limiter les trajets à vide, d’optimiser le taux de remplissage et d’utiliser les ressources de manière ciblée. De plus, il faut investir dans les motorisations alternatives, l’efficacité énergétique et les solutions de transport à faibles émissions. Autant d’évolutions qui ont un impact direct sur la structure des coûts.
La qualité du réseau devient un facteur de différenciation
En résumé, plusieurs enseignements sont à retenir : les ressources telles que les entrepôts, les conducteurs, les équipements, etc., ainsi que la qualité attendu du réseau, doivent être planifiés sur le long terme. Les coûts de mise à disposition doivent être partagés par tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Dans cette perspective, des normes en matière d’équipements et d’infrastructures, des systèmes informatiques et de facturation transparents, une coordination étroite entre partenaires, ainsi qu’une meilleure utilisation des ressources sont essentiels. La qualité ne se construit pas de manière ponctuelle, mais tout au long des processus logistiques. Une chose est sûre : seuls les réseaux qui investissent à long terme dans les infrastructures et l’informatique pourront relever avec succès les défis du marché et garantir leurs performances sur le long terme.
La réponse réside dans une approche globale : l’intégration de solutions logistiques de bout en bout, l’amélioration continue de l’efficacité des processus clés et des réseaux solides, fondés sur le partenariat. Autrement dit : la résilience des chaînes d’approvisionnement dans la logistique du fret général n’est pas le résultat d’initiatives individuelles, mais celui d’un système performant reposant sur une collaboration efficace entre partenaires.